Le Père NOBLET
Le bon copain, le confident très aimé des élèves, qui se donnait sans compter au détriment de sa santé ; il rognait sur ses nuits, tant il était actif. Aumônier et chef de troupe des scouts, il s’était rendu avec ses jeunes en Autriche, sans billet ; il les avait oubliés sur sa table. Sa technique avait été remarquable, répartissant les élèves dans différents compartiments, chacun disant que le chef était plus loin, au contrôleur qui renonça à poursuivre ses recherches étant persuadé que personne n’oserait voyager en aussi grand nombre sans billets. Il y avait une correspondance en Suisse comportant plusieurs heures d’arrêt. Autre technique : Ils sortaient tous au contrôle, Noblet le troisième, et précisaient que le responsable arrivait derrière. Même méthode pour rentrer dans la gare. Lors de son voyage en Autriche, une belle américaine (la voiture et la dame) s’arrête pour demander le chemin, en anglais. Mon élève se souvient d’une expression apprise en classe : « Follow your nose » ( mot à mot :suivez votre nez) en bon français : « allez tout droit ».La dame, fort surprise, remercia et partit tout droit… Ce qui n’était peut-être pas son chemin ! Le père Noblet avait suscité plusieurs vocations. Un autre Noblet, son frère, a fait escale à Sierck en qualité de directeur de conscience avant d’être nommé supérieur de la paroisse française de Leicester square à Londres.

Décès du Père Noblet
Paul Noblet a rejoint le Seigneur.
Ci joint le faire part distribué par internet aux anciens élèves de Saint Vincent et du Cours Notre Dame d »Enghien
Une messe aura lieu à 10H00 demain matin à la cathédrale de Senlis en présence de l’évêque de Beauvais
Cela se fera à huis clos avec la prêtrise locale et quelques personnes de son entourage proche, soit une dizaine de personnes au maximum.
La frustration est grande pour l’immense communauté de ses « élèves » et amis.
Une eucharistie du souvenir sera organisée dans la chapelle de Saint Vincent dès que les conditions sanitaires le permettront
Bien amicalement
Daniel Gronier
L’envoi du pdf du faire part a été refoulé
- Votre nom : Gronier
- Votre prénom : Daniel
- Votre e-mail : daniel.gronier@wanadoo.fr
- Votre adresse actuelle : Senlis
- Classes suivies : college à Notre Dame d’Enghien et lycée à Senlis
Le Père Hallé
Prêtre, il le fut par sa foi profonde ; il assura la direction spirituelle des grands et fut l’aumonier et l’animateur de la troupe scoute. Pendant 15 ans, il réussit à rendre les mathématiques aimables et fut l’un des premiers du département à enseigner les maths dites nouvelles.Le professeur était doublé d’un éducateur hors du commun.Il organisait des camps de ski.Pour le 10e anniversaire de la fondation de Saint-Pierre Chanel , il a monté avec ses élèves de 2 e et de ère une parodie de la guerre de Troie , dont plus d’un se souvient encore . »Je chante comme une casserole » se plaisait -il à dire , mais il sut diriger avec maestria une chorale qui chante juste et des negro-spirituals. Il quitta Thionville pour assumer la direction du collège de Senlis .Sa silhouette est toujours pittoresque , souvent inattendue : « Le Monsieur que je viens de voir ,c’est vraiment un prêtre ? » me demanda l’inspecteur de maths que je ramenais à la gare …Le Monsieur en question ,assis sur le bureau de sa classe, les jambes ballantes, les pieds nus dans ses sandalettes , la chemise largement ouverte sur son torse puissant et velu , était vraiment un père … et quel père ! le père Jacques Hallé « (résumé de l’éloge concocté par Monsieur Katgély) ».
Le Père VAN DER WIELEN
Néerlandais,natif de Houten ; il maîtrisait fort peu le Français quand il est arrivé à Sierck. Le père Jacob, très patient, lui expliquait longuement ce qu’il attendait de lui… Van Der Wielen se contentait de dire » Vi… Vi… » et quand Jacob avait terminé. « Vous avez bien compris, c’est important ! » alors Van der Wielen avouait « non »… Mais il se mit au français et devint économe.Quand je suis parti dans ma traction avec trois amis en Scandinavie ,il nous avait fourni une quantité impressionnante de spaghettis disant que c’était un plat inconnu dans le nord et que cela nous ouvrirait des portes. Il poussa la bonté jusqu’à nous préparer un assaisonnement aux tomates qui dura longtemps pendant le voyage ; ça fermentait la-dedans et se renouvelait à souhait…Au retour, il nous attendait dans sa famille à Houten ; il avait préparé une chambre à deux lits ; deux dormiraient sur les matelas à terre et les deux autres sur les sommiers… Nuit confortable après un mois sous tente, mais surtout un bon repas auquel nous fîmes honneur.Le père Van der Wielen a quitté Sierck pour devenir missionnaire… Dans le sud de la France ! Un ami qu’on n’oublie pas!
Le Père Birscheidt
qui possédait une collection de timbres parmi les plus belles du pays ; il lui manquait un seul timbre d’ Australie… que j’ai trouvé à Londres. « Achetez » me dit-il au téléphone « et demandez l’argent au supérieur des maristes à Leicester square; je le préviens de suite « . Son confrère faillit tomber à la renverse : » quoi ! une somme pareille pour un seul timbre ! »
Professeur éminent de latin et de grec, l’inspecteur lui avait prodigué des compliments : « je suis un novice à côté de vous ». Mais le père dut quitter le collège de Sierck n’ayant pas les diplômes requis ; Il partit au collège de Differt qui put se développer, se moderniser, s’agrandir grâce à cette collection de timbres, vendue pays par pays selon les besoins. Il fut donc un bienfaiteur de la compagnie de Marie.

Le Père DAMIANY
Colosse au rire homérique et belge de surcroît. Îl était le témoin de toutes les blagues et parfois les suscitait sans se compromettre. Son rôle de père spirituel, il le remplissait sérieusement et conseillait valablement les élèves qui s’adressaient à lui. Un bon vivant que tout le monde estimait.

le père KIENTZ
Très grand seigneur et honnête dans ses rapports avec les professeurs ;il n’a laissé que de bons souvenirs.
Le père KERGROAS
Prof de philo. Il soutenait à table des thèses qui entraînaient des protestations véhémentes et des discussions interminables. Cela se terminait sur son rire sarcastique :
« mais, je suis de votre avis ; c’était juste pour discuter ! ».
Le père CORNFRIEND
je l’ai connu dans un camp de vacances, prolongé en cité- école au début de la guerre. Ne restaient plus que cinq pères hollandais et le père Fillière, professeur à la catho ; les autres dirigeants étaient mobilisés.
Le père était le spécialiste des plus jeunes : les poulbots et titis parisiens.
Économe un temps, à Sierck, il se plaisait à inspecter le village avec ses jumelles, entre autres les enfants de Daubigney qui montaient subrepticement au grenier pour fumer et lire les revues que papa y cachait..
Il était devenu sourd mais avait appris à lire sur les lèvres ; il ne voulait pas qu’on le sache.
Le père LAENG
Très consciencieux dans son travail ; trop exigeant de l’avis des élèves. Quand il s’est présenté pour passer le permis de conduire, ne sentant pas sa force, il avait cassé la vitre en fermant la portière…
